Qu’est-ce qu’une blockchain ?

Si en chimie, « rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme »*, en informatique, tout se copie. Tout du moins jusqu’en 2008. Qu’une suite de 0 et de 1 puisse être copiée est d’ailleurs le fondement même des technologies de l’information et de la communication. Or, comme l’écrivent Adli Takkal Bataille et Jacques Favier dans Bitcoin, la monnaie acéphale, pour la première fois depuis l’invention de l’informatique, « le protocole Bitcoin a réussi à créer un bien numérique non reproductible ».

Lorsque Satoshi Nakamoto, pseudonyme d’une personne ou d’un groupe, publie en novembre 2008 l’article fondateur « Bitcoin : un système de paiement électronique pair-à-pair », il propose « une solution au problème de la double dépense ». En effet, le problème majeur d’une monnaie électronique, qui par définition peut-être recopiée, consiste à s’assurer qu’une personne ne dépensera pas deux fois la même somme d’argent. Avec l’invention du Bitcoin, pour la première fois, la propriété d’un bien numérique peut être transférée sans être dupliquée ni passer par un registre centralisé.

Ce que décrit exactement Satoshi Nakamoto est « un réseau [qui] horodate les transactions en les hachant en une chaîne continue de « preuves-de-travail », formant un enregistrement de données qui ne peut pas être changé sans avoir à refaire la « preuve-de-travail » ».

Ce que l’on appelle communément aujourd’hui blockchain correspond en réalité à la combinaison de plusieurs technologies :

  • un protocole de réseau pair-à-pair,
  • le minage par la preuve de travail,
  • la cryptographie asymétrique et, enfin,
  • une blockchain ou plus précisément une « base de données distribuée de type blockchain ».

Pour comprendre le fonctionnement d’une blockchain qui permet d’effectuer des transactions entre pairs, prenons pour exemple la plus célèbre et tout autant décriée, le protocole Bitcoin et le token bitcoin, souvent confondu dans les conversations.

*Lavoisier


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Comment ça marche ?

Cet article a initialement été publié dans le numéro 44 de La revue européenne des médias et du numérique.

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